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Chasse à l’ours noir au Québec : guide complet 2026

La chasse à l’ours noir au Québec ouvre le 15 mai 2026 — et c’est l’une des expériences de chasse les plus intenses que la faune québécoise peut offrir. Le plus grand prédateur terrestre du Québec sort de sa tanière affamé après six mois d’hibernation, et cette vulnérabilité printanière crée une fenêtre de chasse courte mais particulièrement productive : du 15 mai au 30 juin dans la majorité des zones.

Ce guide couvre tout ce qu’il faut savoir pour chasser l’ours noir au Québec : réglementation 2026, permis, techniques d’appâtage et d’affût, équipement essentiel, et ce qui distingue la saison printanière de la saison automnale. Que vous partiez en ZEC, en réserve faunique SÉPAQ ou sur terres privées, les bases sont les mêmes.

Vous préparez votre première saison de chasse ? Commencez par notre guide complet du chasseur débutant au Québec avant de vous lancer sur l’ours.

L’ours noir québécois : ce qu’il faut savoir pour mieux le chasser

Le plus grand prédateur terrestre du Québec

L’ours noir (Ursus americanus) est présent dans presque toutes les régions forestières du Québec — des Laurentides à l’Abitibi, de la Gaspésie à la Côte-Nord. Les mâles adultes pèsent généralement entre 120 et 200 kg, parfois plus dans les zones à forte disponibilité alimentaire. Contrairement à l’orignal ou au cerf, l’ours noir est classé à la fois comme animal à fourrure (piégeage) et gros gibier (chasse) — un statut double qui lui vaut un plan de gestion rigoureux.

Sa caractéristique la plus utile pour le chasseur : son odorat exceptionnel. Un ours peut détecter une odeur à plusieurs kilomètres sous le vent. C’est ce sens qui rend l’appâtage si efficace au printemps — et la gestion des odeurs si critique pour le chasseur à l’affût.

Comportement printanier : la fenêtre d’or

À la sortie de l’hibernation, en avril–mai, l’ours noir a épuisé jusqu’à 30 % de sa masse corporelle. Il est affamé, actif en journée, et peu méfiant comparativement à l’automne. Ce comportement printanier est la raison pour laquelle la saison du 15 mai au 30 juin est considérée comme la plus productive par les chasseurs québécois. Les mâles adultes sortent en premier et sont très mobiles, couvrant parfois plusieurs dizaines de kilomètres par jour à la recherche de nourriture.

Les oursons de l’année restent avec leur mère (laie) jusqu’à l’automne de leur deuxième année. Si vous observez une femelle accompagnée d’oursons sur votre site d’appât, ne tirez pas — et signalez le passage à votre gestionnaire de territoire. La chasse d’une femelle suitée est légalement autorisée mais éthiquement déconseillée et contre-productive pour la gestion de la population.

Réglementation 2026 : saisons, zones et permis

La chasse à l’ours noir au Québec est régie par le règlement sur la chasse 2026–2028, entré en vigueur le 1er avril 2026. Les dates, limites et armes autorisées varient selon les zones — voici les grandes lignes.

ZonesPériode printemps 2026Armes autoriséesLimite de récolteNotes importantes
Zones 1, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 11, 12, 15, 23, 24, 26, 29 et partie ouest zone 2715 mai – 30 juin 2026Arme à feu, arc, arbalète1 ours (printemps) + 1 ours (automne) = max 2/anDéclaration obligatoire — point de dépôt requis
Zones 2, 3, 7, 13, 14, 18, 28 et partie est zone 2715 mai – 30 juin 2026Arme à feu, arc, arbalète1 ours (printemps seulement)Aucune chasse automnale dans ces zones
Zone 19Variable selon secteurArme à feu, arc, arbalète1 ours par saisonZone 19 inclut chasse automnale dans certains secteurs — vérifier votre secteur spécifique
Zones 16, 17Variable — consulter règlementArc et arbalète seulement dans certains secteurs1 ours par saison (printemps)Appâtage interdit du 1er juil. au 15 août
Zones 22, 23, 24Consulter règlement zonalArbalète INTERDITE — arc et arme à feu selon zones1 ours par saisonVérifier restrictions zonales spécifiques
Macpès et Duquesne (zone 2)15 mai – 30 juin 2026Arc et arbalète seulement — arme à feu INTERDITE1 ours (printemps)Règle spécifique aux cantons de Macpès et Duquesne
Réserves fauniques SÉPAQ15 mai – 30 juin 2026 (Ashuapmushuan, Chic-Chocs, Matane, Portneuf, Port-Daniel, Rimouski)Arme à feu, arc, arbalète1 ours (printemps)Sites appâtés fournis — guides disponibles

Les permis requis

  • Certificat du chasseur valide, avec le code correspondant à l’arme utilisée (arme à feu ou arc).
  • Permis de chasse à l’ours noir, valide pour les saisons de printemps et d’automne dans les zones autorisées. Disponible sur servicespermis.fapaq.gouv.qc.ca.
  • Permis d’acquisition et de possession d’armes à feu (PAF), obligatoire si vous chassez à l’arme à feu.
  • Droits de chasse ZEC ou réserve faunique, en plus du permis provincial. Chaque ZEC fixe ses tarifs indépendamment.

Déclaration obligatoire

Tout ours abattu doit être déclaré obligatoirement au Québec. Un point de dépôt (parfois appelé point de contrôle) doit être utilisé pour permettre le prélèvement de données biologiques par le ministère — âge, sexe, état de santé. La déclaration se fait généralement dans les 48 heures suivant la récolte. L’ours non déclaré expose le chasseur à des amendes importantes.

Il est formellement interdit de posséder ou de vendre la vésicule biliaire d’un ours noir au Québec — et dans la plupart des pays signataires de la CITES. Cette règle est strictement appliquée et vise à protéger les espèces d’ours asiatiques victimes d’un commerce illicite.

Techniques de chasse : l’appâtage et l’affût

L’appâtage : la technique dominante au Québec

La grande majorité de la chasse à l’ours noir au Québec se pratique par appâtage — installer un site d’appât, le faire fréquenter par un ou plusieurs ours, puis s’installer à l’affût au bon moment. C’est une technique efficace précisément parce que l’ours printanier est affamé et peu méfiant.

  • Choix du site : près d’une source d’eau (l’ours se déplace le long des ruisseaux), en zone boisée dense (l’ours se sent en sécurité), à l’écart des sentiers fréquentés par les humains.
  • Appâts autorisés : matières végétales et dérivés — beurre d’arachide, sirop, pâtisseries, fruits fermentés, fritures, mélasse. Les résidus de viande ou d’animaux sont interdits comme appâts.
  • Distances obligatoires : l’appât doit respecter des distances minimales réglementaires des chemins publics et des lieux habités — consultez les règles de votre zone spécifique.
  • Fréquence de rechargement : idéalement aux 2–3 jours au début pour créer l’habitude, puis selon la fréquentation observée sur caméra.

Règle d’appâtage critique : l’appâtage est interdit du 1er juillet au 31 août dans les zones 1 à 15, 18, 26, 28 et dans la partie est de la zone 27. Dans les zones 16, 17, 19, 29 et la partie ouest de la zone 27, il est interdit du 1er juillet au 15 août. Planifiez votre saison automnale en conséquence.

L’affût au mirador : patience et silence

L’affût est la méthode de tir la plus courante une fois le site d’appât établi. Le mirador doit être positionné à 30–40 mètres du site d’appât, en hauteur (4–5 mètres minimum) et impérativement sous le vent par rapport à l’angle d’approche habituel de l’ours. Quelques principes essentiels :

  • Montez dans votre mirador au moins 45 minutes avant l’heure d’activité attendue — l’ours repère les odeurs fraîches.
  • Évitez tout parfum, après-rasage ou produit odorant le jour de la chasse. L’ours peut détecter votre odeur résiduelle pendant 24–48 heures.
  • Restez immobile — l’ours repère le mouvement autant que l’odeur. Une chaise d’affût confortable est essentielle pour tenir plusieurs heures.
  • Repérez l’angle de tir idéal avant l’arrivée de l’animal. Un ours de profil, épaule visible, est la position de tir optimale — visez derrière l’épaule avant, au tiers inférieur du corps.

La chasse à l’arc : précision et proximité

La chasse à l’ours à l’arc est particulièrement populaire au Québec — elle exige une maîtrise parfaite de l’anatomie de l’animal et une gestion encore plus rigoureuse des odeurs. Distance maximale recommandée : 30 mètres. Un arc de 60 à 70 lb minimum avec des flèches lourdes (400 grains et plus) assure une pénétration suffisante sur le pelage épais et la graisse de l’ours printanier. Prévoyez une corde de sang et un chien de sang pour le suivi si vous n’êtes pas certain de votre placement.

Le suivi de l’animal blessé

L’ours noir est un animal robuste qui peut couvrir plusieurs centaines de mètres après un tir mal placé. Attendez toujours au minimum 30 minutes avant de descendre de votre mirador — même si l’animal semble tomber immédiatement. Suivez la piste de sang méthodiquement, balisez votre chemin, et avertissez quelqu’un de votre position avant de commencer le suivi. En forêt dense en mai–juin, un ours blessé peut être dangereux — gardez votre spray anti-ours accessible.

Équipement essentiel pour la chasse à l’ours

La chasse à l’ours printanier au Québec combine les défis de la chasse à l’affût (immobilité, silence, gestion des odeurs) et les conditions météo imprévisibles du mois de mai. Voici l’équipement qui fait la différence.

ÉquipementDétailsCatégorieStatut
Carabine — choix du calibreDe nombreux calibres font le travail : .30-06, .308, .270, 6.5 Creedmoor, 7mm-08, .30-30 et autres. Ce qui compte : un placement précis, pas un calibre spécifique.Arme à feuObligatoire
Fusil cal. 12, 20 — balle slugAlternative efficace à courte portée (moins de 60 m). Courante dans les territoires à végétation dense.
Le calibre 20 à balle slug est également légal et dispose de suffisamment d’énergie.
Arme à feuObligatoire
ArcUne flèche lourde bien placée à 45 lb passe de bord en bord dans le vital. La précision du tir prime sur la tension de l’arc. Distance recommandée : 30 m.ArcObligatoire
Mirador / chaise d’affûtHauteur minimale recommandée : 4–5 m pour rester hors du cône olfactif de l’ours. Bien ancré, stable.Sécurité / techniqueFortement recommandé
Caméra de chasseIndispensable pour identifier l’ours et confirmer ses passages sur le site d’appât avant la saison.ReconnaissanceFortement recommandé
Répulsif à ours (poivre)Pour les déplacements en forêt, hors de l’affût. Ne pas utiliser près du site d’appât — ça repousse l’ours.SécuritéFortement recommandé
Thermacell anti-moustiquesLes nuits de mai–juin sont infestées de moustiques. La Thermacell est le standard en chasse à l’ours au Québec.Confort / performanceRecommandé
Vêtements de gestion d’odeurCouche de base mérinos antiodeur. Pas d’assouplissant, séchage à l’air libre. Rangement hermétique.Camouflage olfactifRecommandé

Les vêtements : le système 3 couches adapté au printemps

Les nuits de mai en forêt québécoise peuvent descendre à 2 °C et les après-midi grimper à 28°C. Le système 3 couches est essentiel, mais avec une attention particulière à la gestion des odeurs : couche de base mérinos (antiodeur naturel), couche intermédiaire légère, couche externe imperméable silencieuse. Évitez absolument les assouplissants et détergents parfumés — lavez votre tenue de chasse avec du savon non parfumé et rangez-la dans un sac hermétique avec de la terre ou des branches de sapin de votre territoire de chasse.

Pour un guide complet sur les vêtements de chasse au Québec par saison, consultez notre article sur les vêtements de chasse par saison.

La caméra de chasse : indispensable pour l’appâtage

Installer une ou deux caméras de chasse sur le site d’appât est désormais la pratique standard. Elle permet d’identifier l’ours (taille, comportement, présence de petits), de confirmer les heures de passage, et d’éviter des visites inutiles qui laissent des odeurs humaines. Orientez la caméra de façon à voir l’ours de profil — c’est la meilleure position pour évaluer la taille et la corpulence.

Consultez notre guide des caméras de chasse au Québec pour choisir le bon modèle pour votre territoire.

Où chasser l’ours noir au Québec ?

Les ZEC : le territoire accessible

Les ZEC (zones d’exploitation contrôlée) sont le territoire de chasse à l’ours le plus accessible au Québec. La grande majorité des zones 1 à 15, 18, 26, 27 et 28 autorisent la chasse à l’ours en ZEC au printemps. Les tarifs varient d’une ZEC à l’autre — comptez généralement entre 50 et 200 $ pour les droits de chasse à l’ours, en plus du permis provincial. Vérifiez que la ZEC convoitée autorise la chasse à l’ours à l’automne si vous souhaitez une deuxième récolte.

Les réserves fauniques SÉPAQ : la formule clé en main

Six réserves fauniques SÉPAQ offrent des séjours de chasse à l’ours noir avec sites d’appât préparés par les guides : Ashuapmushuan, Chic-Chocs, Matane, Portneuf, Port-Daniel et Rimouski. La formule est idéale pour un premier ours : le site d’appât est suivi, l’hébergement est sur place, et un guide peut vous accompagner. Les places sont limitées — les réservations pour la saison 2026 sont déjà ouvertes sur sepaq.com.

Les terres privées : permission obligatoire

La chasse à l’ours sur terres privées est légale au Québec à condition d’obtenir l’autorisation écrite du propriétaire. Dans les régions à forte pression agricole (Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches), les ours causent des dommages aux ruchers et aux cultures — les propriétaires sont souvent favorables à la chasse sur leurs terres. Respectez les conditions convenues et laissez le terrain impeccable.

FAQ — Questions fréquentes

Quelle est la date d’ouverture de la chasse à l’ours au printemps 2026 ?

Le 15 mai 2026 dans la majorité des zones du Québec. La saison printanière s’étend du 15 mai au 30 juin dans les zones 1 à 15, 18, 26, 27 et 28. Certaines zones ont des périodes différentes — vérifiez votre zone spécifique sur le site du gouvernement du Québec avant de partir.

Combien d’ours peut-on chasser par année au Québec ?

Un maximum de deux ours noirs par année — un au printemps et un à l’automne. Dans la zone 26, cette règle s’applique depuis 2020. La limite par saison est généralement d’un ours. La déclaration obligatoire dans un point de dépôt permet au ministère de faire respecter ces limites.

Peut-on utiliser n’importe quel appât pour attirer l’ours ?

Non. Les résidus de viande ou d’animaux sont interdits comme appâts au Québec. Les appâts autorisés sont d’origine végétale ou alimentaire : beurre d’arachide, sirop, pâtisseries, fruits fermentés, mélasse, fritures. L’appâtage est également interdit à certaines périodes selon les zones — du 1er juillet à la fin août dans la majorité des zones. Respectez les distances minimales réglementaires des chemins et lieux habités.

Faut-il un permis spécial pour chasser l’ours à l’arc ?

Le permis de chasse à l’ours noir est le même quelle que soit l’arme utilisée. Vous devez cependant avoir le bon code sur votre certificat du chasseur correspondant à l’arc. Si vous chassez à l’arc uniquement (sans jamais utiliser d’arme à feu), vous n’avez pas besoin du PAF (permis d’acquisition et de possession d’armes à feu). L’arbalète est interdite dans certaines zones — vérifiez les règles de votre zone.

L’orange fluorescent est-il obligatoire pour la chasse à l’ours ?

Oui. L’orange fluorescent est obligatoire pour la chasse à l’ours noir au Québec, comme pour le grand gibier en général. La loi exige le port du dossard orange en tout temps à la chasse — sauf lors de certaines périodes où seuls l’arc et l’arbalète sont permis, ou pour certaines chasses spécifiques comme le dindon. À l’affût dans votre mirador, les agents feront preuve de jugement, mais la règle officielle est claire : en tout temps.

Que faire après avoir abattu un ours ?

Étape 1 : étiquetez immédiatement l’ours.
Depuis le 20 avril 2026, deux options sont valides : imprimer le coupon de transport traditionnel, ou inscrire à la main le numéro de votre permis sur un ruban adhésif robuste ou une étiquette plastique attachée à l’animal. La signature du permis n’est plus requise. L’étiquette doit rester lisible et intacte jusqu’au dépeçage.

Étape 2 : déclarez la prise dans un point de dépôt désigné dans les 48 heures pour le prélèvement de données biologiques.

Étape 3 : si vous souhaitez exporter des parties de l’animal (trophée, fourrure) hors du Québec, des règles supplémentaires s’appliquent selon la destination — vérifiez les exigences CITES si vous sortez du Canada.


L’ours noir en cuisine : que faire avec votre récolte ?

La viande d’ours noir est l’une des plus savoureuses du grand gibier québécois, dense, riche, avec une saveur proche du porc braisé quand elle est bien préparée. L’ours printanier, nourri aux fruits, aux insectes et aux pousses végétales depuis sa sortie d’hibernation, donne une viande plus délicate que l’ours automnal dont le régime à base de baies fermentées peut parfois se sentir.

Deux règles absolues : la viande d’ours doit toujours être cuite à cœur, à 74°C minimum, pour éliminer tout risque de trichinellose, un parasite présent chez certains ours du Québec. Ne jamais consommer de viande d’ours rosée ou saignante, contrairement au bœuf ou au chevreuil. Congelez la viande au moins 30 jours à -15°C avant consommation si vous avez un doute sur la traçabilité de l’animal.

Les préparations les plus populaires chez les chasseurs québécois : l’épaule braisée longuement au four avec légumes, racines et bière brune, les cubes en ragoût façon bourguignon, et les rôtis marinés 48 heures au vin rouge avant cuisson lente. La graisse d’ours, récupérée et fondue, est aussi utilisée traditionnellement pour la cuisson et l’imperméabilisation des bottes de cuir.

15 mai : il est temps de préparer votre saison

La chasse à l’ours noir au printemps est accessible, productive et intense — un animal de cette taille qui approche silencieusement votre site d’appât au crépuscule, c’est une expérience que les chasseurs québécois comparent souvent à leur meilleur souvenir de chasse. La clé du succès : un site d’appât bien choisi, une caméra de chasse pour suivre les passages, une gestion rigoureuse des odeurs et la patience de l’affût.

Pour compléter votre préparation, consultez notre guide des vêtements de chasse par saison et notre guide des caméras de chasse au Québec pour surveiller votre territoire et préparer l’appâtage.

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